Entreprendre au féminin

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Entreprendre au féminin

Le 15 juin 2017, Ecrit par , Dans Stratégie,Stratégie d'entreprise, Ayant pour thème : ,,,, , Discussion : Pas de Commentaire

Motivées par une recherche d’indépendance et d’accomplissement personnel, de plus en plus de femmes se lancent désormais dans la création d’entreprise. Malgré une grande majorité d’hommes, l’entreprenariat féminin se développe et tend à mettre un terme aux inégalités existantes.

Les femmes, autant que les hommes, sont attirées par l’entreprenariat. Alors, comment expliquer cet écart qui persiste depuis des générations ? Il semblerait que certains facteurs sociodémographiques et de nombreux préjugés soient à l’origine du manque de développement de l’entreprenariat féminin et empêchent les femmes de sauter le pas.

Des écarts significatifs pouvant être sources d’inégalités

Selon le rapport sur l’entrepreneuriat féminin réalisé par le Centre d’analyse stratégique (CAS) en avril 2013, certains facteurs d’ordre social ou économique s’avèrent déterminant dans la décision d’entreprendre chez les femmes. Les freins apparaissent essentiellement dans le domaine financier, elles auraient en effet plus de mal que les hommes à prendre des risques. Et à l’inverse de ces derniers, les femmes ont également tendance à moins croire en leur capacité à entreprendre. Enfin, elles redoutent le manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Ces hypothèses expliqueraient qu’aujourd’hui, en moyenne, seuls 32 %, des entreprises soient dirigées par des femmes.  Ce chiffre, bien qu’encore faible, s’est relativement accrut entre 2012 et 2015. De nombreuses actions furent menées en France pour améliorer son évolution et de nombreux acteurs associatifs, institutionnels et privés apportent des aides spécialement dédiées aux nouveaux chefs d’entreprises.

Lore Chatillon : une femme entrepreneure 

Lore Chatillon, dirigeante de LC Komuniké, nous livre sa propre expérience en tant qu’entrepreneur. Bénéficiant de 20 ans d’expérience en communication et marketing, elle fait partie de ces femmes qui ont décidé de se lancer en créant leur propre entreprise. Aujourd’hui, Lore Chatillon accompagne dans leur communication les solo-entrepreneurs et les TPE qui représentent une cible souvent délaissée par les grandes agences. A la recherche de valeurs humaines et d’une véritable relation de proximité, elle transmet son savoir-faire à ses clients et partenaires avec lesquels elle échange véritablement. Cette expérience lui permet de faire de belles rencontres et de bénéficier d’une autre vision de la vie en entreprise.

La communication contrairement à d’autres secteurs d’activités tels que le bâtiment ou la télévision, majoritairement exercés par les hommes, ne connait pas ou peu de discrimination. Lore Chatillon, comme de nombreux entrepreneurs, est cependant confrontée à d’autres difficultés, notamment à la problématique de solvabilité et d’impayés et à la grande surcharge de travail.

Cependant, un autre monde s’est ouvert pour elle : ‘’Il faut avoir le courage de se lancer, d’aller au bout de ses rêves, tout en respectant ses valeurs, c’est ce qui nous pousse à nous lever le matin’’.

La quête de l’indépendance

 Evelyne Robic agent d’assurance indépendante, Sarah Roussel, graphiste freelance et Yannick Lebout créatrice de l’entreprise Le bout de fil, ont, elles aussi, sauté le pas et décidé de travailler pour elles-mêmes. Nous avons souhaité en savoir davantage sur leur parcours, leur choix de devenir indépendante, autoentrepreneur, chef d’entreprise, et ce que cette expérience leur a apporté.

 

Evelyne Robic, aujourd’hui agent d’assurance indépendante depuis 2009, n’était pas du genre à prendre des risques auparavant. Lassée par son expérience en tant que salariée, ce fut, pour elle, une sorte de challenge et une fierté personnelle de s’orienter vers l’entreprenariat. Son mari étant également agent général d’assurance, Evelyne Robic n’a pas hésité à le suivre dans cette voie, bien que ce choix n’ait pas été facile à faire. Evelyne Robic est confrontée à quelques difficultés liées à une grande charge de travail, de lourdes responsabilités et une solitude dans la prise de décision. Cependant, cette expérience lui a offert de nombreux avantages et une énorme plus-value qu’elle aurait aimé saisir plus tôt. Son conseil : ‘’Foncez, profitez, osez !’’

Sarah Roussel, graphiste freelance aujourd’hui, a pris la décision de se lancer il y a trois ans après avoir eu des difficultés à retrouver un emploi. Son expérience en tant que graphiste en entreprise pendant sept ans l’a motivé à travailler seule et à bien s’entourer afin de réussir son objectif. Sarah Roussel, comme de nombreux autres entrepreneurs, est victime de quelques difficultés administratives et des horaires chargés. Cependant, les opportunités et les nombreux avantages qu’offrent cette expérience lui permettent de rester épanouie dans la réalisation de ce qu’elle aime, de mieux découvrir son territoire et les personnes qui y travaillent, de lui apporter la satisfaction de s’être créé un emploi et d’avoir fait le bon choix : ‘’Avant de vous lancer, prenez le temps de bien vous entourer, allez-y progressivement et faites les choses bien !’’

 

Yannick Lebout a décidé de faire de sa passion, une entreprise. C’est en 2009 que ‘’Lebout de fil’’ est née. Spécialisée en marquage textile, l’entreprise propose des produits brodés et personnalisés répondant aussi bien aux attentes des professionnels que des particuliers. Motivée par un désir de liberté et de pouvoir travailler à son compte, Yannick Lebout, ancienne Institutrice à la retraite, s’est lancée sans trop de difficultés et ne retient de cette expérience que ses côtés positifs. L’entreprise ne dispose pas encore d’une boutique, ni d’un point de vente physique, ce qui ne lui permet pas encore d’attirer suffisamment l’attention des particuliers. Cependant, sa présence lors de marchés et salons lui ont permis d’amplifier son réseau professionnel, d’améliorer sa visibilité, et de garder un contact et une proximité régulière avec de nombreux autres chefs d’entreprises exerçant dans des domaines variés et enrichissants. Yannick Lebout dispose désormais de la possibilité d’échanger et de partager tout en travaillant pour ce qu’elle aime. Son conseil : ‘’Prenez le temps de vous construire, de concilier vie privée et vie professionnelle et de conserver du temps pour votre famille avant de vous lancer’’

 

Des tendances qui se développent 

Les femmes sont plus enclines à diriger de petites entreprises avec peu de salariés. Lore Chatillon et Sarah Roussel ont fait le choix, comme beaucoup d’entrepreneures aujourd’hui, de travailler avec un pool de partenaires qu’elles associent selon les projets de leurs clients. Travailler en mode projet avec l’association de compétences est un fonctionnement qui tend à se développer, car plus souple en termes de gestion et moins critique en termes de charges sociales. On constate cependant, selon l’étude menée par The Center for Women’s Leadership, dès lors que ces entreprises dépassent une certaine taille, qu’elles sont plus productives et donc plus performantes.

En 2015, L’INSEE remarque que les femmes ont représentée 40% d’autoentrepreneurs et 27 % d‘entrepreneurs individuels « classiques ». Elles s’intéressent majoritairement aux domaines des services aux particuliers (29%) et de la santé (25%), bien qu’elles soient également très présentes dans l’enseignement, l’hébergement/restauration et le bien-être.

La part de femmes dirigeantes diminue, également, selon la taille de l’entreprise. Alors que le taux des femmes travaillant seules représente 37 %, elles ne sont actuellement que 14 % à la tête d’une entreprise de plus de 50 personnes.
Aujourd’hui, l’objectif 2017 serait d’atteindre un taux de 40 % de femmes entrepreneures, un chiffre enthousiasmant et qui prévoit une amélioration significative au cours des années.

Les femmes dirigeantes et leur influence

L’agence américaine Weber Shandwick, ayant mené une étude sur l’influence et la réputation des femmes dirigeantes, nous dévoile un fait surprenant. Les femmes cadres auraient davantage tendance à rester dans une entreprise lorsque celle-ci est dirigée par une femme. Leur implication évolue également s’il est question d’un homme ou d’une femme PDG (23% contre 29 %) et leur ambition de devenir, un jour, hautement qualifié s’accroit. De même, la réputation des femmes dirigeantes est très importante au sein de l’entreprise. Les femmes s’inspirent, plus souvent que les hommes, de modèles de référence et de mentors pour atteindre plus facilement leurs objectifs de carrière.

Bien qu’encore majoritairement exercé par les hommes, l’entreprenariat évolue et certaines femmes bien ancrées dans leur projet professionnel saisissent les opportunités, qui se multiplient, pour enfin réaliser ce qu’elles pensaient inaccessible auparavant.

 

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